Né à Paris dans un pays et une époque qui ne lui ressemblent pas, Paul Henri est à la recherche d’ailleurs. Il avoue dans ses textes vouloir parfois « voir au loin et que tout recommence ». De sa petite enfance en Afrique, il a gardé certains rythmes et certaines appétences. Bercé dans une éducation bourgeoise entre Le Raincy et Le Vésinet, On le prédestine à reprendre les rênes de l’entreprise familiale Dron. C’est peu connaître le libertaire qui plus tard dans ses chansons opposera l’ordre aux vivants en alpaguant ceux qui veulent bien l’entendre :

« Je suis vivant ! Vivant ! Vivez en bordel organisé ! »

« Pitre-solennel, mélancolique-enjoué, il rêve de Robin des bois et d’arc de triomphe musical »

Envoyé en pension à Juilly à 16 ans, où il commence à écrire ses chansons, il part à l’aube de ses 18 ans en laissant juste une lettre, avec 500 francs en poche et sa guitare. Convaincu qu’il doit vivre ses propres expériences et surtout vivre de sa musique. La Guyane, le Brésil, New York, Montréal, il revient en France après un an de pérégrinations où il fait une école de jazz et les ateliers d’Alice Donat en 2002. Parmi les nombreux enseignements prodigués comme le chant l’expression scénique, il est choisi avec quelques autres élèves pour participer au master d’écriture animé par Claude Lemesle (l’été indien 1975). Quelques mois plus tard, il s’allie avec Erwan Laurent et Marlene Paindestre, avec qui il joue au théâtre de dix heures à Paris-Pigalle. Paul-Henri poursuit sa voie avec un univers éclectique en se tournant parfois en dérision « je chante en français so désuet, on fait jamais ce qu’il faut, so fiasco ».

Pitre-solennel, mélancolique-enjoué, il rêve de « Robin des bois » et d’ « arc de triomphe musical ». Ses chansons ont un goût intemporel, à l’image des Reggiani, Brassens, Barbara, Gainsbourg. Brillant et cancre, à l’image de ses chansons, Paul oscille entre sa sensibilité d’optimiste, son humour et son insolence, sa liberté et les carcans qu’il dénonce. Cet espiègle dont la colère s’exprime par une générosité sans borne et un cri pour la vie, est impétueux, un zeste ingérable. Il passe ensuite deux ans à se produire dans les bars et cabarets de la capitale Le réservoir, la Java, l’Etage, La guinguette Pirate, le Gibus, L’entrepôt puis devant le public de Georges Brassens en première partie du spectacle de Joël Favreau (Guitariste de G.B, il enregistra ses deux derniers albums).

10 Ter, un de ses titres phares, ressemble à la chanson Drouot de Barbara où il évoque les « songes secrets et blessants du premier amour », d’une « vieille dame en fin de parcours », « assise sur sa valise close, Sur le macadam à son tour », un « Jeudi jour de débarras, d’abats-jours, de vieux matelas ». « Sur le sol des babioles, flanquées de traviole, qu’on ne rafistolera plus (…) Le trottoir devient antiquaire, et ce lampadaire qui éclaire ne manque pas d’air, et déchire et transperce et montre du doigt ».

En 2007 il remporte le pic D’argent à Tarbes pour la qualité de sa prestation puis l’année suivante le prix SACEM. Enfant de coeur en proie à quelques démons, Paul-Henri aime les Tohu-bohu. Il décide d’étoffer sa formation jazzy avec de la basse, de la batterie, du piano, une guitare et forme le groupe PH avec Erwan Laurent, Vianney Lambert, Victor Paillet et Nicolas … En 2008 il fait la rencontre d’Alain Chamfort qui lui propose de faire sa première partie au théâtre de l’Alhambra haut lieu de la chanson française et enregistrent ensemble un titre.

En 2010, il quitte la France et renoue avec l’Afrique pour créer la filiale marocaine de la société familiale Dron. Il ne quitte pas pour autant la chanson et continue d’écrire et de composer pour sortir son dernier album, toujours accompagné de son acolyte Victor Paillet, désormais musiciens d’Oldelaf. Son univers, unique, s’apparente toujours à la nouvelle scène française, Arthur H, Benjamin Biolay, Babx, L, Matthieu Chedid, Etienne daho.

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